Création et gestion d'entreprise
Compte courant d'associé : fonctionnement, intérêts, convention
L'essentiel
Le compte courant d'associé est l'argent qu'un associé prête à sa société, en plus de son apport au capital. Sans écrit, il est remboursable à tout moment et ne produit pas d'intérêts. Au 15 octobre 2026, les intérêts sont déductibles jusqu'à 4,33 % pour les exercices de 12 mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026, si le capital est entièrement libéré.
- Tout associé peut prêter à sa société, quel que soit son pourcentage du capital (C. mon. fin., art. L312-2).
- Le taux d'intérêt doit être fixé par écrit, sinon aucun intérêt conventionnel n'est dû (C. civ., art. 1907).
- Sans clause de blocage, l'associé peut exiger le remboursement à tout moment.
- Intérêts déductibles dans la limite du taux fiscal (4,33 % pour les exercices clos du 30 juin au 29 septembre 2026) et si le capital est entièrement libéré.
- Pour un associé personne physique, la société retient 12,8 % + 18,6 % sur les intérêts et les déclare sur le formulaire 2777.
- L'inverse est souvent interdit : une SARL ne peut pas prêter à ses associés personnes physiques ni à ses gérants.
- En liquidation judiciaire, le compte courant est une créance ordinaire, rarement remboursée.
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Convention de compte courant d'associéEncadrez l'argent que vous prêtez à votre société : montant, intérêts, blocage et remboursement noir sur blanc.
Sommaire
- Compte courant d'associé : définition
- Qui peut faire un apport en compte courant ?
- Les règles du compte courant d'associé : remboursement, intérêts, approbation
- Intérêts du compte courant : taux déductible et fiscalité
- Mettre en place une convention de compte courant en 5 étapes
- Le contenu de notre convention de compte courant d'associé
- Les erreurs fréquentes avec un compte courant d'associé
- Coûts, remboursement et suites de la convention
Compte courant d'associé : définition
Le compte courant d'associé est une avance de trésorerie consentie par un associé à sa société, en plus de son apport au capital, que la société devra lui rembourser. Juridiquement, c'est un prêt d'argent régi par les articles 1892 et suivants du Code civil. En comptabilité, il figure au passif, au compte 455.
Il ne faut pas le confondre avec le capital. Le capital est bloqué tant que la société existe et ne se récupère qu'en cédant ses parts ou à la liquidation. Le compte courant, lui, reste une dette de la société envers vous.
C'est l'outil de financement le plus utilisé dans les petites sociétés : le dirigeant de SASU qui avance 15 000 € pour acheter du matériel, les associés d'une SCI qui financent l'apport personnel exigé par la banque, le président qui laisse sur son compte courant une partie de sa rémunération ou de ses dividendes.
Qui peut faire un apport en compte courant ?
Recevoir des fonds remboursables du public est en principe réservé aux banques. L'article L312-2 du Code monétaire et financier prévoit une exception pour les fonds laissés en compte par :
- les associés ou actionnaires, quel que soit le nombre de titres détenus ;
- les présidents de SAS, les gérants, les administrateurs et directeurs généraux ;
- les associés en nom et commanditaires des sociétés de personnes.
Il n'existe plus de seuil de détention depuis la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 : un associé qui détient 1 % du capital peut prêter. En revanche, un parent ou un ami qui n'est ni associé ni dirigeant ne peut pas utiliser ce mécanisme. Il faudra un contrat de prêt classique, et la question du monopole bancaire se posera s'il prête de façon habituelle.
Entre sociétés d'un même groupe, la convention de trésorerie intragroupe est souvent mieux adaptée, notamment pour des flux dans les deux sens.
Attention
L'inverse n'est pas libre. Une SARL ne peut pas prêter à ses gérants ni à ses associés personnes physiques, ni leur consentir un découvert en compte courant, à peine de nullité (C. com., art. L223-21). La même interdiction vise le président et les dirigeants de SAS (art. L227-12). Un compte courant débiteur du dirigeant peut aussi caractériser un abus de biens sociaux.
Les règles du compte courant d'associé : remboursement, intérêts, approbation
Remboursement à tout moment, sauf clause contraire
Sans stipulation particulière, la jurisprudence considère qu'un compte courant est remboursable à tout moment, à la simple demande de l'associé. Pour une jeune société, c'est un risque : un associé en conflit peut réclamer 40 000 € du jour au lendemain. Une convention écrite permet de prévoir une durée, un préavis ou un blocage.
Des intérêts seulement s'ils sont écrits
L'article 1907 du Code civil est sans ambiguïté : « Le taux de l'intérêt conventionnel doit être fixé par écrit. » Sans écrit, l'associé ne peut pas réclamer d'intérêts, et la société ne peut pas justifier leur versement devant l'administration.
Une convention réglementée
Une avance rémunérée entre la société et un associé ou dirigeant suit la procédure des conventions réglementées, sauf si elle est courante et conclue à des conditions normales :
- SARL : rapport du gérant à l'assemblée, qui statue sans que l'associé intéressé vote (C. com., art. L223-19) ;
- SAS : rapport aux associés pour les conventions avec le président, un dirigeant ou un actionnaire disposant de plus de 10 % des droits de vote (art. L227-10) ;
- EURL et SASU : simple mention au registre des décisions.
Une convention non approuvée produit quand même ses effets, mais ses conséquences préjudiciables pour la société restent à la charge de l'intéressé.
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Intérêts du compte courant : taux déductible et fiscalité
La société peut déduire les intérêts versés à ses associés à deux conditions posées par l'article 39, 1-3° du Code général des impôts : le capital doit être entièrement libéré, et le taux ne doit pas dépasser la moyenne des taux pratiqués par les banques pour des prêts aux entreprises à taux variable de plus de 2 ans.
| Exercice de 12 mois clos | Taux maximal déductible |
|---|---|
| Le 31 décembre 2024 | 5,75 % |
| Le 31 décembre 2025 | 4,55 % |
| Du 30 juin au 29 septembre 2026 | 4,33 % |
| Au 31 décembre 2026 | Non publié au 15 octobre 2026 |
Ce taux est publié chaque trimestre par l'administration fiscale (BOFiP, BOI-BIC-CHG-50-50-30). Ne figez donc pas une valeur dans la convention : prévoyez plutôt un taux égal au maximum déductible, revu à chaque clôture. La part des intérêts qui excède ce plafond n'est pas déductible et est imposée chez l'associé comme un revenu distribué.
Exemple chiffré
Vous prêtez 50 000 € à votre SAS à 6 %, exercice clos le 30 septembre 2026. Les intérêts annuels sont de 3 000 €. La société ne peut en déduire que 50 000 € × 4,33 % = 2 165 €. Les 835 € restants sont réintégrés dans son résultat.
Chez l'associé personne physique
Les intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers. À chaque paiement, la société retient à la source le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % en 2026. Elle les déclare et les reverse sur le formulaire n° 2777 dans les 15 premiers jours du mois suivant, puis établit l'IFU (formulaire 2561) avant le 15 février de l'année suivante.
Sur 2 000 € d'intérêts, la société retient donc 628 € et vous verse 1 372 €. Si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple), vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement de 12,8 %, avant le 30 novembre.
Mettre en place une convention de compte courant en 5 étapes
- Vérifiez la libération du capital dans les statuts et la comptabilité : tant qu'une part du capital reste à verser, les intérêts ne sont pas déductibles.
- Choisissez la rémunération : aucune, taux fixe ou taux maximal déductible. Pour une SCI civile de gestion, restez sous le taux d'usure.
- Fixez la durée et la sortie : durée indéterminée avec préavis, ou blocage pour une période ou jusqu'au remboursement d'un prêt bancaire.
- Signez la convention entre l'associé et la société. Si le prêteur est le dirigeant, l'approbation des associés ou la mention au registre est indispensable.
- Versez par virement depuis votre compte personnel : c'est la preuve la plus simple de la créance.
Le conseil de l’expert
Lorsque la banque finance un projet, elle demande souvent que les comptes courants soient bloqués pendant la durée du prêt. Acceptez-le, mais faites préciser dans la convention ce qui se passe si vous cédez vos titres : remboursement à la sortie, cession de la créance à l'acquéreur ou maintien. Sans cette clause, vous pouvez vendre vos parts et rester créancier d'une société que vous ne contrôlez plus.
Le contenu de notre convention de compte courant d'associé
Notre convention de compte courant d'associé s'adapte aux SAS, SASU, SARL, EURL et SCI. Elle prévoit :
- l'identité de la société et du prêteur, personne physique ou morale, et sa qualité d'associé ou de dirigeant ;
- le montant, versé en une fois ou selon un calendrier, ou un plafond d'avances ;
- la rémunération (aucune, taux fixe ou taux maximal déductible) et la périodicité des intérêts ;
- la durée, le préavis de remboursement, le blocage éventuel et la subordination aux créanciers bancaires ;
- le sort de l'avance en cas de cession des parts ou actions ;
- la possibilité de convertir l'avance en capital ;
- la clause d'approbation adaptée à la forme de la société.
Le formulaire vous alerte si le taux choisi dépasse le plafond déductible, si le capital n'est pas libéré ou si le prêteur signe des deux côtés. Pour transformer plus tard l'avance en capital, voyez notre modèle d'augmentation de capital.
Les erreurs fréquentes avec un compte courant d'associé
- Aucun écrit. Pas d'intérêts exigibles, une créance difficile à prouver, et un remboursement exigible à tout moment.
- Un taux au-dessus du plafond. L'excédent est réintégré et imposé comme un revenu distribué.
- Un capital non libéré. Fréquent en SAS dont la moitié seulement des apports a été versée à la création : aucun intérêt n'est alors déductible.
- Oublier le formulaire 2777. La retenue à la source est une obligation de la société, pas de l'associé.
- Laisser dormir la créance. L'action en remboursement se prescrit par 5 ans (C. civ., art. 2224). La Cour de cassation l'a appliqué à un compte courant de SCI (Cass. 3e civ., 19 déc. 2019, n° 18-20.298). Réclamez par écrit et faites reconnaître la dette dans les comptes.
- Croire que l'argent est protégé. En liquidation judiciaire, le compte courant doit être déclaré au mandataire et passe après les créanciers privilégiés. L'associé récupère souvent peu, voire rien.
Coûts, remboursement et suites de la convention
La convention n'a pas à être enregistrée. Vous pouvez néanmoins la faire enregistrer au service des impôts pour lui donner date certaine, moyennant un droit fixe de 125 € au 15 octobre 2026. Chaque année, la société arrête les intérêts dus, vérifie le taux maximal applicable à sa clôture et établit les déclarations.
Toute modification du montant, du taux ou du blocage passe par un avenant signé dans les mêmes formes. Au départ d'un associé, l'acte de cession de parts sociales doit régler le sort du compte courant : notre guide sur la cession de parts sociales montre comment.
Si vous créez une société, prévoyez dès les statuts la possibilité d'apports en compte courant : nos guides sur les statuts de SASU et les statuts de SCI l'abordent. Pour des montants importants, un prêt entre société mère et filiale ou une société en difficulté, faites-vous accompagner par votre expert-comptable ou un avocat.
Notre convention de compte courant d'associé est proposée à 9,90 €, avec une notice des obligations fiscales de la société.
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Questions fréquentes
Comment fonctionne un compte courant d'associé ?
L'associé verse de l'argent à sa société, qui l'inscrit au compte 455 comme une dette envers lui. La société l'utilise librement pour sa trésorerie et le rembourse selon la convention signée, ou à tout moment à la demande de l'associé si rien n'a été prévu. Des intérêts peuvent être versés, à condition que le taux soit fixé par écrit.
Quel est le taux maximum des intérêts de compte courant en 2026 ?
Au 15 octobre 2026, le taux maximal déductible est de 4,33 % pour les exercices de 12 mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026. Il était de 4,55 % pour les exercices clos le 31 décembre 2025. Ce taux est publié chaque trimestre par l'administration fiscale ; la part des intérêts qui le dépasse n'est pas déductible.
Un compte courant d'associé est-il obligatoirement rémunéré ?
Non. L'associé peut prêter sans intérêts, ce qui est fréquent dans les petites sociétés. S'il souhaite être rémunéré, le taux doit être écrit dans une convention (article 1907 du Code civil). La société doit alors retenir à la source 31,4 % en 2026 pour un associé personne physique et déclarer ces sommes sur le formulaire 2777.
Peut-on bloquer un compte courant d'associé ?
Oui, par une clause de blocage dans la convention, souvent demandée par la banque qui finance la société. Pendant la durée prévue, l'associé ne peut plus exiger le remboursement, même s'il quitte la société. Prévoyez donc dans la convention ce qu'il advient de l'avance si vous cédez vos parts ou actions avant la fin du blocage.
Comment récupérer son compte courant d'associé ?
Sans clause de blocage, adressez une demande écrite de remboursement à la société, en respectant le préavis prévu par la convention. En cas de refus, une mise en demeure puis une action en justice sont possibles. Agissez dans les 5 ans : la Cour de cassation applique la prescription quinquennale à l'action en remboursement d'un compte courant.
Un associé minoritaire peut-il prêter à sa société ?
Oui. Depuis la loi du 22 mai 2019, l'article L312-2 du Code monétaire et financier ne fixe plus de seuil de détention : tout associé ou actionnaire, ainsi que le président de SAS ou le gérant, peut laisser des fonds en compte courant. Une personne qui n'est ni associée ni dirigeante doit passer par un contrat de prêt classique.
Que devient le compte courant si la société fait faillite ?
En procédure collective, l'associé doit déclarer sa créance au mandataire judiciaire. Le compte courant n'étant garanti par aucune sûreté, il n'est payé qu'après les créanciers privilégiés, et souvent pas du tout en liquidation. Seuls certains apports consentis dans le cadre d'une conciliation ou d'un plan bénéficient d'un rang plus favorable.
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Sources officielles
- Code civil, art. 1907 (taux d'intérêt fixé par écrit)
- Code monétaire et financier, art. L312-2 (fonds des associés)
- Code général des impôts, art. 39 (déduction des intérêts, 1-3°)
- Code de commerce, art. L223-19 (conventions réglementées en SARL)
- Code de commerce, art. L223-21 (prêts interdits aux associés de SARL)
- Code de commerce, art. L227-10 (conventions réglementées en SAS)
- Code de commerce, art. L227-12 (interdictions applicables aux dirigeants de SAS)
- Impots.gouv.fr — combien coûte l'enregistrement d'un acte
Ce guide est une information générale à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit sur une situation particulière.