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Travail et ressources humaines

Indemnité de rupture conventionnelle : calcul et exemples

Mis à jour le · 9 min de lecture · Par l'équipe éditoriale ProJuriste

L'essentiel

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, un tiers de mois au-delà (art. R1234-2 du Code du travail). Avec 6 ans d'ancienneté et 2 400 € brut par mois, le minimum est donc de 3 600 €. Au-dessus, le montant se négocie librement.

  • Minimum : l'indemnité légale de licenciement, ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable (art. L1237-13).
  • Formule légale : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 de mois par année au-delà (art. R1234-2).
  • Les années incomplètes comptent au prorata des mois complets (art. R1234-1).
  • Salaire de référence : la moyenne la plus favorable entre les 12 et les 3 derniers mois (art. R1234-4).
  • Pas d'impôt sur le revenu dans les limites de l'article 80 duodecies du CGI si le salarié ne peut pas encore toucher sa retraite.
  • L'employeur paie une contribution de 40 % sur la part exonérée de cotisations (art. L137-12 CSS).
  • PASS 2026 : 48 060 €, soit un plafond d'exonération de cotisations de 96 120 € au 15 octobre 2026.

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Sommaire
  1. L'indemnité de rupture conventionnelle : définition et minimum légal
  2. Le salaire de référence : 12 mois ou 3 mois
  3. La formule de calcul de l'indemnité rupture conventionnelle
  4. Exemples de calcul pas à pas
  5. Impôt, cotisations, CSG : ce que perçoit vraiment le salarié
  6. Le coût pour l'employeur : la contribution patronale de 40 %
  7. Versement, chômage et erreurs à éviter

Le salaire de référence : 12 mois ou 3 mois

Le calcul part d'un salaire mensuel brut de référence. On retient la formule la plus avantageuse pour le salarié (C. trav., art. R1234-4) :

  • la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la rupture (ou de tous les mois travaillés si l'ancienneté est inférieure à un an).
  • le tiers des 3 derniers mois ; une prime annuelle ou exceptionnelle versée pendant ces trois mois n'est alors retenue qu'au prorata, soit 3/12 de son montant.

On part du brut : salaire de base, heures supplémentaires, primes, avantages en nature. Exemple : une assistante payée 2 300 € brut par mois a fait des heures supplémentaires sur la fin d'année. Ses trois derniers mois atteignent 2 700 € brut chacun ; sa moyenne sur 12 mois est de 2 400 €. Le salaire de référence est 2 700 €.

Si une prime de 13e mois de 2 300 € tombe en décembre, dernier mois avant la rupture, elle ne compte que pour 575 € dans le calcul sur 3 mois. Sur 12 mois, elle compte en entier, divisée par 12. Faites les deux calculs : l'écart surprend souvent.

La formule de calcul de l'indemnité rupture conventionnelle

L'indemnité légale ne peut être inférieure à (art. R1234-2) :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à 10 ans.
  • 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années à partir de 10 ans.

En cas d'année incomplète, le calcul se fait au prorata des mois complets (art. R1234-1). L'ancienneté s'apprécie à la date de fin du contrat, et non à la date de signature. Une rupture fixée un mois plus tard ajoute donc un mois d'ancienneté au calcul.

AnciennetéFormuleMinimum pour 2 500 € brut/mois
1 an2 500 × 1/4 × 1625 €
2 ans2 500 × 1/4 × 21 250 €
5 ans2 500 × 1/4 × 53 125 €
10 ans2 500 × 1/4 × 106 250 €
15 ans6 250 + 2 500 × 1/3 × 510 416,67 €
20 ans6 250 + 2 500 × 1/3 × 1014 583,33 €

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Exemples de calcul pas à pas

3 ans et 5 mois d'ancienneté, 2 000 € de salaire de référence

Ancienneté : 3 + 5/12 = 3,4167 années. Indemnité minimale : 2 000 × 1/4 × 3,4167 = 1 708,33 €.

14 ans et 2 mois d'ancienneté, 3 000 € de salaire de référence

  1. Dix premières années : 3 000 × 1/4 × 10 = 7 500 €.
  2. 4 ans et 2 mois suivants : 3 000 × 1/3 × 4,1667 = 4 166,67 €.
  3. Total : 11 666,67 €.

6 mois d'ancienneté, 2 200 € de salaire de référence

2 200 × 1/4 × 6/12 = 275 €. Le montant est modeste, mais il doit figurer dans la convention : une indemnité à zéro ferait échouer l'homologation.

Le conseil de l’expert

Ne vous arrêtez pas au minimum légal. Comparez-le avec l'indemnité de votre convention collective et avec ce qu'aurait coûté un licenciement (préavis payé, risque prud'homal). La négociation porte en réalité sur la part au-dessus du plancher, que les praticiens appellent la part « supra-légale ». Côté salarié, gardez en tête qu'elle retarde le versement des allocations chômage.

Impôt, cotisations, CSG : ce que perçoit vraiment le salarié

Le régime dépend de la situation du salarié face à la retraite et du montant versé. Repère utilisé : le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), de 48 060 € en 2026, valeur vérifiée au 15 octobre 2026.

Impôt sur le revenu (CGI, art. 80 duodecies, 6°). Pour un salarié qui ne peut pas encore bénéficier d'une pension de retraite obligatoire, l'indemnité est exonérée dans la plus élevée de ces limites : le montant légal ou conventionnel ; deux fois la rémunération annuelle brute de l'année civile précédente ; ou 50 % de l'indemnité. Les deux dernières sont plafonnées à 6 PASS, soit 288 360 €. Si le salarié peut déjà toucher sa retraite, l'indemnité est imposable dès le premier euro.

Cotisations sociales (CSS, art. L242-1, II, 7°). La part non imposable est exonérée dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 €. Au-delà de 10 PASS (480 600 €), toute l'indemnité est soumise dès le premier euro. Point souvent mal connu : le texte en vigueur au 15 octobre 2026 étend cette exonération, dans les mêmes limites, au salarié qui peut déjà percevoir sa retraite, même si l'indemnité est alors imposable. Beaucoup de simulateurs et d'articles plus anciens disent l'inverse : faites valider ce cas par votre gestionnaire de paie.

CSG et CRDS s'appliquent, en règle générale, sur la part qui dépasse l'indemnité légale ou conventionnelle.

Part de l'indemnitéImpôt sur le revenuCotisations socialesCSG-CRDS
Jusqu'au minimum légal ou conventionnelExonéréeExonéréeExonérée
Part supra-légale dans les limites légalesExonérée (6 PASS max)Exonérée (2 PASS max)Due
Au-delà des limitesImposableDueDue

Exemple : un cadre a perçu 40 000 € brut en 2025. Il négocie 20 000 € alors que le minimum légal est de 8 000 €. Exonération d'impôt : la plus haute des limites est 80 000 € (deux fois 40 000 €), donc les 20 000 € sont exonérés. Exonération de cotisations : 20 000 € sous le plafond de 96 120 €. La CSG-CRDS porte sur 12 000 €.

Le coût pour l'employeur : la contribution patronale de 40 %

L'employeur verse une contribution spécifique au profit de l'assurance vieillesse, assise sur la part de l'indemnité exclue de l'assiette des cotisations sociales. Son taux est de 40 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (CSS, art. L137-12), contre 30 % auparavant. Le taux de 40 % vise les ruptures dont le terme intervient à compter du 1er janvier 2026.

Dans l'exemple ci-dessus, la totalité des 20 000 € est exonérée de cotisations : la contribution s'élève à 8 000 €. Coût total pour l'entreprise : 28 000 €, hors indemnité compensatrice de congés payés et salaire du dernier mois. Pour une indemnité de 10 000 €, la contribution passe de 3 000 € en 2025 à 4 000 € en 2026.

Intégrez ce coût dès le premier entretien. Un employeur qui découvre la contribution après la signature n'a plus de marge : il ne peut ni la mettre à la charge du salarié, ni réduire l'indemnité convenue.

Versement, chômage et erreurs à éviter

L'indemnité se verse à la date de rupture fixée dans la convention, au plus tôt le lendemain de l'homologation, avec le solde de tout compte. Le salarié perçoit aussi l'indemnité compensatrice des congés non pris. Côté chômage, la part supra-légale entraîne un différé spécifique d'indemnisation, plafonné à 150 jours. Pour les contrats rompus depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle est de 15 mois avant 55 ans et de 20,5 mois à partir de 55 ans (loi n° 2026-470 du 11 juin 2026).

Attention

Les erreurs qui font refuser l'homologation ou naître un litige :

  • oublier les primes et heures supplémentaires dans le salaire de référence.
  • ne retenir que la moyenne sur 12 mois alors que celle sur 3 mois est plus favorable.
  • calculer l'ancienneté à la signature au lieu de la date de rupture.
  • ignorer une indemnité conventionnelle plus élevée.
  • arrondir les mois incomplets à la baisse.

Pour une indemnité élevée, un salarié proche de la retraite ou un cadre dirigeant à rémunération variable, un avocat ou un expert-comptable peut sécuriser les calculs. Le salarié qui souhaite prendre l'initiative peut commencer par une lettre de demande de rupture conventionnelle, à 1,90 €.

Notre convention de rupture conventionnelle calcule l'indemnité minimale à partir de vos moyennes sur 12 et 3 mois, bloque tout montant inférieur, chiffre la contribution patronale et fournit le calendrier de rétractation et d'homologation. Elle coûte 9,90 €.

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Questions fréquentes

Comment calculer l'indemnité de rupture conventionnelle ?

Prenez le salaire mensuel brut de référence, le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers. Multipliez-le par 1/4 pour chaque année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis par 1/3 pour chaque année au-delà, les mois incomplets étant comptés au prorata. Comparez avec l'indemnité de votre convention collective : en règle générale, le minimum est le plus élevé des deux.

Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle ?

Le minimum est l'indemnité légale de licenciement, ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable (article L1237-13 du Code du travail). Pour 5 ans d'ancienneté et 2 500 € brut par mois, il est de 3 125 €. Une convention qui prévoit moins est refusée à l'homologation. Rien n'empêche en revanche de négocier un montant supérieur.

L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

Pas en principe, pour un salarié qui ne peut pas encore toucher de pension de retraite obligatoire. Elle est exonérée d'impôt dans la plus élevée de trois limites : le montant légal ou conventionnel, deux fois la rémunération brute de l'année précédente, ou la moitié de l'indemnité, dans la limite de six PASS (article 80 duodecies du CGI). Le salarié en droit de liquider sa retraite est imposé dès le premier euro.

A-t-on droit à une indemnité de rupture conventionnelle avec moins d'un an d'ancienneté ?

Oui. Contrairement à l'indemnité de licenciement, qui suppose 8 mois d'ancienneté, l'administration admet que l'indemnité de rupture conventionnelle est due dès les premiers mois, au prorata. Avec 6 mois d'ancienneté et 2 200 € brut par mois, le minimum est de 275 €. Il doit apparaître dans la convention pour que l'homologation soit accordée.

Combien coûte une rupture conventionnelle à l'employeur ?

En plus de l'indemnité et des congés payés non pris, l'employeur paie une contribution de 40 % sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales (article L137-12 du Code de la sécurité sociale), pour les ruptures dont le terme intervient depuis le 1er janvier 2026. Une indemnité de 10 000 € entièrement exonérée coûte donc 14 000 € au total.

Quelles primes entrent dans le salaire de référence ?

Toutes les sommes brutes ayant la nature de salaire : heures supplémentaires, primes mensuelles, commissions, avantages en nature. Dans le calcul sur les 3 derniers mois, une prime annuelle ou exceptionnelle versée pendant cette période ne compte qu'au prorata, soit trois douzièmes de son montant (article R1234-4 du Code du travail). Les remboursements de frais professionnels ne sont pas du salaire.

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Sources officielles

Ce guide est une information générale à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit sur une situation particulière.